Capri

Capri est une île de la baie de Naples située en face de la péninsule de Sorrente en Italie. Connue depuis l'Antiquité pour sa beauté, elle est un lieu de villégiature dès l'époque romaine. L'île possède de nombreux autres intérêts comme la Marina Piccola, le belvédère de Tragara, la grotte bleue (Grotta Azzurra), la Villa San Michele, la Villa Malaparte ainsi que les ruines des villas impériales romaines.

Longue de six kilomètres sur presque trois kilomètres de large maximum, avec 17 kilomètres de côtes, Capri a une superficie d'environ 10 km2. Son relief montagneux culmine au mont Solaro avec 589 mètres d'altitude, suivit du mont Tiberio avec 334 mètres, deux massifs situés dans la partie ouest de l'île1. altstadt On la connaît particulièrement pour les stacks, deux rochers émergeant de la mer. Contrairement aux autres îles du Golfe de Naples, Capri n'est pas d'origine volcanique mais sédimentaire ; elle est en effet formée de terrains calcaires datant du Crétacé et, dans une moindre mesure, de couches remontant à l'Eocène et de tufs provenant des volcans voisins. Du point de vue géologique, elle constitue l'extrême contrefort du système montagneux de la péninsule de Sorrente, qui est elle aussi de nature calcaire. Sur son territoire se trouvent la commune homonyme de Capri et la commune d'Anacapri.

La ville fut habitée à une époque très reculée. Les preuves d'une installation humaine très ancienne furent trouvées à l'époque romaine ; selon Suétone (Vie des douze césars, Auguste, LXXII, 6), lorsque furent creusées les fondations de la villa d'Auguste, « des os de géants et des armes des héros » furent mis au jour. L'empereur ordonna que ces objets soient exposés dans les jardins de sa résidence principale, le Palais de la Mer, et parce que le calcaire de l'île remonte au Crétacé, on peut penser qu'il s'agissait de fossiles de reptiles marins. Des fouilles réalisées à l'époque moderne ont montré qu'une présence humaine sur l'île peut être attestée au Néolithique et à l'âge du bronze. ko-bogen Lorsque le maréchal Murat succède à son beau-frère Joseph Bonaparte sur le trône du royaume de Naples, le général Jean Maximilien Lamarque est chargé le 18 décembre 1808 de prendre l'île de Capri. En effet, sa garnison anglaise aux ordres d'Hudson Lowe, le futur geôlier de l'Empereur à Sainte-Hélène, narguait la présence française, le drapeau britannique étant visible des fenêtres même du palais royal. De par sa configuration naturelle, l'île semblait imprenable.
Entourée de rochers à pic couronnés par les défenses ennemies fortement armées d'artillerie, on ne pouvait l'investir que par escalade et sous le feu nourri d'une garnison nombreuse. Lamarque en entreprit l'escalade à la tête de ses hommes, faisant enlever les échelles et retirer les navires pour ôter toute possibilité de repli ; il ne restait donc plus aux Français qu'à se faire décimer sur place ou à vaincre, et c'est baïonnette au canon qu'ils réussirent après plusieurs tentatives à enfoncer les défenses anglaises, imposant à l'ennemi une capitulation laissant aux mains des troupes françaises magasins, munitions et ateliers. Rendant hommage à la valeur de ses adversaires, le général Lamarque accorda la liberté aux Anglais qui quittèrent l'île sans armes ni bagages.
A partir du XIXe siècle, Capri devient une destination de villégiature pour l'aristocratie romaine, aux saisons où la température est trop élevée dans la capitale. L'île est fréquentée par de nombreuses personnalités (Henry James, Oscar Wilde, Rainer Maria Rilke, Maxime Gorki, Victoria de Bade ou encore Curzio Malaparte ; des artistes allemands, des lesbiennes américaines et des révolutionnaires russes y élisent également un temps domicile).
Le médecin Axel Munthe fait restaurer la villa San Michele et Fritz Krupp, héritier des aciéries prussiennes, fait construire un chemin escarpé jusqu'à sa villa, ainsi qu'une grotte artificielle dans le port de Marina Piccola. turm Capri connaît un regain de popularité à la fin des années 1930, mais surtout dans les années 1950-1960, où elle devient une destination prisée de la jet-set (le prince Rainier et Grace Kelly, la duchesse de Windsor, Richard Burton et Elizabeth Taylor, Marisa Berenson, Penelope Tree, David Bailey, Valentino, Aristote Onassis et Jackie Kennedy, etc.).
L'île donne naissance à un style vestimentaire issu de l'artisanat local (gros colliers en corail et turquoises, spartiates ou encore le pantalon capri), inspirant les créateurs de mode (Dolce & Gabbana par exemple). Laurent Cotta, chargé de la création contemporaine au palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris note : « En pleine Trente Glorieuses, tout le monde défile ici… Il suffit d'avoir un yacht. On se félicite de l'ambiance (soi-disant) conviviale, comme à Saint-Tropez où on joue aux boules avec le poissonnier. Une sorte de mixité sociale de vacances ».